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Extrait de "la
vache folle en ligne"
L' encéphalite spongiforme bovine
Symptômes chez l'animal L'incubation de la maladie est généralement longue. Il faut compter en moyenne cinq ans, quelques fois plus, pour voir les premiers symptômes apparaître. Tout d'abord, l'animal présente de nombreux troubles du comportement. Il reste à l'écart du troupeau, refuse de se déplacer (vers la salle de traite, vers la stabulation ), est agressif envers ses congénères, paraît souvent nerveux. Certains de ses mouvements, répétitifs, n'ont pas de but précis ; il semble paniqué et, dans 40% des cas, a un port de tête anormal. Des troubles dits esthésiques* (hyperexcitabilité) apparaissent aussi. L'éleveur peut alors constater une hyperréactivité aux bruits, une hypersensibilité au toucher ainsi qu'à la lumière ou aux variations lumineuses qui se traduisent entre autres par des tremblements, écarts brusques, ruades, mouvements de tête. S'y ajoutent des troubles locomoteurs : une démarche de plus en plus ébrieuse*, une certaine ataxie*, des refus devant les obstacles de petite taille, des claudications ou boiteries ambulatoires. Les allures de marche et de course de l'animal deviennent de plus en plus anormales. Il est important de savoir repérer ces symptômes. Le seul indicateur de la maladie était encore il y a peu les observations et les inquiétudes de l'éleveur, confirmé ensuite par une longue et coûteuse analyse histologique*, pratiquée seulement sur les animaux morts (analyse post mortem). Des bovins cliniquement sains, mais en train d'incuber la maladie, ont sans doute été introduits dans la chaîne alimentaire. Ces animaux ont pu être contaminés de différentes manières, comme le précise le paragraphe ci-dessous. |
L'ESB dans l'exploitation agricole
Alimentation du bétail
La France utilise 400 000 tonnes de farines animales chaque année (déchets et carcasses transformés en poudre en usines d'équarrissage*) et produit au total 23 millions de tonnes d'aliments pour animaux. Les farines animales françaises ont soulevé de trop nombreuses questions, ainsi elles ne sont plus utilisées pour les bovins depuis 90 et pour les ruminants depuis 94. Rappelons-nous que l'alimentation des bovins est principalement (voire totalement) constituée de fourrages verts ou conservés et éventuellement de concentrés complémentaires selon les besoins des animaux. Ces concentrés, riches en céréales restent pauvres en matières protéiques pourtant indispensables pour assurer la production des animaux. Pour combler une partie de ce déficit, on ajoutait donc aux rations quotidiennes des animaux une faible quantité de protéines animales. Théoriquement, ces farines pourraient être remplacées par certains protéagineux*, mais le climat français et les coûts de production ne permettent pas de développer suffisamment ce type de culture.
En attendant, les éleveurs, jusqu'ici très confiants en leurs interlocuteurs, voire même passifs, ont décidé de faire bouger les choses en matière de sécurité sanitaire. Pour la plupart des éleveurs, seuls les fabricants sont responsables de la contamination actuelle des bovins. Les industriels producteurs d'aliments composés souhaitent une garantie totale sur la qualité sanitaire de leurs approvisionnements et pour cela une harmonisation européenne serait la bienvenue. La France a estimé qu'elle ne pouvait pas décider seule d'éliminer ces farines animales, compte tenu de la libre circulation des marchandises en Europe, mais aussi pour des questions de coûts, de concurrence et d'élimination des déchets d'abattoir.
Si la presse quotidienne nationale surveille avec attention l'apparition d'un nouveau cas d'ESB, elle porte peu d'intérêt à l'éleveur qui chaque jour nourrit son troupeau, avec, au menu : fourrage et aliments concentrés. Directement concerné par la crise, le producteur de viande est impuissant. L'inquiétude plane dans les régions touchées par la maladie, malgré le faible nombre de cas français et les efforts des fournisseurs qui ne disposent pas tous des moyens financiers nécessaires à la séparation des circuits de production d'aliments. Chacun a conscience qu'il reste encore beaucoup à faire.
Cheptel bovin : surveillance et abattage
Depuis l'apparition du premier cas français d'ESB en 1991, le regard du vétérinaire et de l'éleveur sur la vache a changé. Lorsque des doutes apparaissent sur un animal, le vétérinaire est en principe contacté afin de confirmer ou d'infirmer l'existence de symptômes, évocateurs d'ESB : progression des troubles, âge de l'animal, etc. S'il y a suspicion, le vétérinaire coordinateur intervient à son tour. Chaque département dispose d'un coordinateur qui a reçu une formation spécifique en matière de diagnostic d'ESB. Les deux professionnels réalisent une nouvelle recherche des symptômes ; s'il y a confirmation, la déclaration de la suspicion d'ESB à la Direction des services vétérinaires (DSV) s'impose.
La tête de l'animal infecté est ensuite adressée à un laboratoire départemental qui assure le prélèvement de l'encéphale, et son envoi au laboratoire de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). Cette unité, créée jadis pour dépister la fièvre aphteuse et autres maux infectieux bovins, se consacre aujourd'hui au prion. La présence de spongioses et donc de PrPres dans le tissu cérébral est confirmée ou non puis donne lieu a un communiqué officiel du ministère de l'Agriculture. Si le diagnostic d'ESB est confirmé, tous les bovins de l'exploitation sont ensuite abattus avant d'être transformés en farines en usine d'équarrissage. L'éleveur, quant à lui, perçoit une indemnisation pour le renouvellement de son cheptel. La valeur du troupeau a fait l'objet au préalable d'une évaluation par un expert ; seule la valeur commerciale est prise en compte. L'administration ajoute une seconde indemnisation pour "perte d'exploitation" liée à la non production entre l'abattage et la reconstitution du troupeau.
Soulignons que cette pratique d'abattage total est utilisée depuis longtemps pour les cas de brucellose* et de tuberculose. On peut toutefois comprendre le traumatisme de l'éleveur, compte tenu des interrogations que suscite encore la Maladie de la vache folle, questions restant sans réponses. Au contraire de la France où le nombre de cas est relativement limité, le Royaume-Uni n'a pu se contraindre à la démarche de l'abattage systématique des troupeaux, sous peine de voir une partie non négligeable de son cheptel disparaître. Cet pratique d'abattage, en France, soulève un certain nombre d'interrogations : dimension humaine, conséquences sociales, nécessité réelle d'abattre l'ensemble du cheptel ? Il reste parfois difficile pour les décideurs politiques de satisfaire à la fois éthique et santé publique et ceci nous conduit bien entendu à aborder la question de l'environnement.[R]
Pour en savoir plus :
Les inspections vétérinaires en abattoir des animaux vivants suspects d'ESB et les certificats sanitaires des bovins :
L'inspection ante mortem en abattoir est le fait des techniciens des services vétérinaires et est destinée à repérer des animaux suspects parmi des animaux sains. Lorsque le bovin "douteux" est accompagné d'un certificat vétérinaire d'information (CVI), il est placé en consigne et présenté au vétérinaire inspecteur qui réalise une inspection de la carcasse ainsi que des prélèvements complémentaires.
A noter : les techniciens vétérinaires ont suivi deux années de formation spécialement tournées vers l'inspection en abattoir, les maladies réglementées, l'hygiène alimentaire et sont assermentés.
Les certificats sanitaires bovins obligatoires :
1. Le passeport : est la carte d'identité du bovin. Elle comporte entre autre le numéro national d'identification qui figure également sur les boucles auriculaires de l'animal.
2. L'ASDA (attestation sanitaire à délivrance anticipée), est une petite vignette de couleur (5 x 15 cm), collée sur le passeport de l'animal, sur laquelle est mentionné le statut de l'élevage : officiellement indemne ou non de tuberculose, leucose, brucellose, rhinotrachéïte bovine, ou hypodermose*. Il est impossible de faire circuler un bovin sans ce "volet sanitaire". La carte est pré-remplie informatiquement avec un code barre : la fameuse "traçabilité".

- Attestation sanitaire à délivrance anticipée -
(Source Groupement de défense sanitaire de l'Isère)[R]
Le CVI (certificat vétérinaire d'information), est un document qui
accompagne tout bovin présenté pour un abattage d'urgence ou atteint d'une maladie. Il
comporte l'ensemble des observations du praticien : son diagnostic, les symptômes
observés, leur évolution, les traitements effectués, etc. Ce document n'est pas
toujours aussi bien rempli qu'on pourrait le souhaiter.
Traitement des déchets animaux et environnement
Les équarrisseurs français traitent chaque année environ 3 500 000 tonnes de déchets d'animaux dont 500 000 tonnes à haut risque (certains abats par exemple) et c'est là un véritable service qui est rendu aux abattoirs et aux éleveurs. La Maladie de la vache folle, avec l'abattage des troupeaux, a fait surgir un nouveau problème de traitement des déchets. Le gouvernement français a choisi de concentrer la charge infectée dans les usines d'équarrissage et les cimenteries sont rémunérées pour utiliser les farines produites comme combustible. L'incinération en centrales thermiques permettrait une destruction plus rapide de ces sous-produits. EDF a été sollicité en vain.
Ces matières à risque sont malgré tout à l'origine de nombreuses
nuisances toute au long de l'année. Les camions qui transportent les cadavres, recouverts
au mieux d'une bâche, répandent des odeurs infectes, fuient et perdent du
"jus" le long du trajet. Les stocks sont déposés à même le sol, exposés
parfois au soleil et au vent, voire accessibles aux mammifères, aux insectes et aux
oiseaux ! Les usines sont trop souvent saturées et des odeurs pestilentielles de cadavres
ou de farines cuites se répandent. L'environnement est pollué par les effluents gazeux
et liquides, véritables "bouillons de culture" ; les risques sanitaires pour
l'homme et l'animal paraissent sous-estimés. Il existe encore des lacunes importantes
dans les mesures de traitement des déchets animaux adoptées en France. La situation
actuelle n'est pas la seule responsabilité des industriels, mais celle de l'ensemble de
la collectivité qui ne s'est pas encore donnée les moyens de s'intéresser à la
question. Le risque de dissémination des bactéries et maintenant du prion ne semble pas
suffisamment pris en compte même si les problèmes d'environnement sont davantage
abordés aujourd'hui sous l'aspect "santé publique". Mise en place en 1996, une
seule méthode serait habilitée à ce jour à garantir l'inactivation de la protéine
dans le cadre de la fabrication de farines de viandes et d'os, selon les critères
suivants :
Exigences minimales requises
Taille maximale des particules |
50 mm |
Température |
> 133°C |
Temps |
20 minutes sans interruption |
Pression absolue produite au moyen de vapeur saturée* |
>= 3 bar |
Transformation |
système continu ou discontinu |
(Source Commission des communautés européennes)
Nous sommes en droit de nous interroger sur la pérennité de cette méthode qui, en principe, est obligatoire dans toute la Communauté Européenne depuis le premier avril 1997 (décision 96/449). On ne sait pas si ces mesures sont rigoureusement respectées à ce jour et si oui, depuis quelle date, dans toutes les usines françaises. Les conditions de fabrication suffisent-elles finalement à inactiver le prion dans les déchets traités ?
Dans un second temps, l'ESB soulève le problème des pratiques de recyclage des sociétés d'équarrissage. Elles ont particulièrement retenu l'attention de l'Office alimentaire et vétérinaire européen qui a conduit une étude de terrain en France les 19 et 20 août 1999 : "il a été constaté des manquements dans les contrôles de l'interdiction de certaines substances dans la fabrication d'aliments pour animaux. Certaines usines ont utilisé pendant des années des substances interdites comme les boues issues du traitement biologique de leurs eaux usées. On ne sait pas clairement comment les autorités françaises contrôlent la séparation entre déchets d'origine humaine et déchets industriels dans le système d'évacuation des eaux usées et leur recyclage ultérieur". A la suite de ces résultats, le ministère de l'Agriculture a fourni un plan d'action, les usines d'équarrissage devraient faire l'objet d'inspections régulières, puisqu'il en va de la protection de l'environnement et du consommateur !
Le consommateur et l'ESB
Identification et traçabilité
En ces temps de crise, le consommateur recherche toujours plus
d'informations. En France, on peut attester de l'identification des bovins sur le terrain
grâce à la marque auriculaire, appelée encore "boucle", portée en double
exemplaire par l'animal dès sa naissance. Exclusivement fabriquées par des industriels
agréés, elles comportent des identifiants plus ou moins visibles fondus dans la masse et
sont sécurisées. L'enregistrement de ces informations permet de réaliser des enquêtes
de traçabilité : recherche des bovins nés dans un cheptel, recherche de la descendance
d'un animal, perte de boucle et réfection, etc.
Boucle auriculaire
Race bovine : CASTA, Midi-Pyrénées
(Source photothèque - INRA Paris)
En boucheries traditionnelles et grandes surfaces, des efforts d'information sont faits. Un certain nombre de renseignements sont déjà mis à disposition des clients : les viandes d'animaux nés, engraissés et abattus sur le territoire français sont étiquetées et commercialisées avec ces trois mentions : origine, type racial et catégorie de l'animal.
Parallèlement, l'Europe travaille sur l'homogénéisation du système d'identification et de traçabilité de la viande et des produits à base de viande bovine. L'utilisation de puces électroniques, placées sous la peau des bêtes, devrait automatiser la procédure d'identification. L'Union européenne a lancé un programme d'expérimentation de ce système électronique appelé "Identification électronique des animaux" (IDEA). Une grande majorité des États membres souhaite revoir la liste des mentions obligatoires apposées sur les étiquettes. Un étiquetage plus complet devrait entrer en vigueur à partir du 1er septembre 2000 : il précisera le lieu d'abattage de l'animal, en attendant de préciser les lieux de naissance et d'élevage au 1er janvier 2002. L'étiquetage des viandes hachées sera aussi réglementé. Ces viandes proviennent souvent de morceaux de différentes origines ce qui complique l'étiquetage. Finalement, les ministres européens se sont prononcés pour que les étiquettes mentionnent obligatoirement le ou les lieux d'abattage de la viande. La Commission européenne doit financer une campagne publicitaire dans tous les États membres, sauf le Royaume-Uni, sur ce futur système communautaire d'étiquetage. La stratégie d'information, qui varie d'un État membre à un autre, est fondée sur deux principes : expliquer le système d'étiquetage afin de rassurer le consommateur et informer sur l'existence d'un système de contrôle complet et indépendant, de bout en bout de la filière.
Pour clore ce sujet, rappelons une enquête de l'Union française des consommateurs (UFC) "Que choisir ?", datée de mai 1999, qui indique que "le nombre de magasins qui n'affichent rien a diminué. L'information reste cependant partielle. Ainsi, dans les grandes surfaces, une majorité d'emballages correctement étiquetés en côtoient d'autres où l'information est incomplète, voire inexistante. A quelques mois de l'entrée en vigueur de la directive qui étendra l'étiquetage à tous les pays de l'Union européenne, la France est encore loin du sans-faute".
Sécurité alimentaire et organismes de contrôle
La sécurité des aliments est un des enjeux majeurs de la société contemporaine. Les crises actuelles, notamment celle de l'ESB, en sont des exemples probants. Le risque alimentaire existera toujours et l'État intervient dans le but de réduire ce risque. Pour préserver la santé publique, la loi a confié aux services publics le contrôle de la sécurité alimentaire : la Direction générale de l'alimentation (ministère de l'Agriculture et de la Pêche), le secrétariat d'État chargé de la Santé, celui de la Consommation et tout récemment l'AFSSA, se partagent le travail. Créée en avril 1999, l'AFSSA s'inscrit dans le cadre du renforcement général de la sécurité sanitaire qui, avec la loi du 1er juillet 1998 prévoit en outre la création d'une Agence en charge de l'ensemble des produits de santé et de l'Institut de veille sanitaire.
Placée sous la tutelle des trois ministères cités plus haut, l'AFSSA joue un rôle important par l'émission d'avis scientifiques rendus publics, ou par la réalisation d'études plus approfondies, formulées à son initiative, à la demande des pouvoirs publics ou des associations de consommateurs. Dans le cadre de la Maladie de la vache folle, elle s'est déjà prononcée dans plusieurs domaines : mesures particulières applicables à certains produits d'origine bovine expédiés du Royaume-Uni, pratiques de jonglage* dans les abattoirs bovins, etc. Elle a une compétence large et couvre l'ensemble des secteurs de l'alimentation humaine et animale, mais aussi produits animaux, végétaux, eaux d'alimentation. La sécurité alimentaire est vitale pour le fonctionnement du marché : intérêts des producteurs, des transformateurs et du commerce. L'un des principaux objectifs de l'État est de conserver la confiance du consommateur en privilégiant dans ses discours le principe de transparence.
Pour la sauvegarde sanitaire de la population
La France prévoit un programme de dépistage qui permettra de cerner davantage l'ampleur de la maladie et non de lutter contre la sous-déclaration supposée de l'ESB. Les prélèvements effectués sur plus de 40 000 bovins seront effectués par les services vétérinaires du ministère de l'Agriculture et analysés par le laboratoire de pathologie bovine de l'AFSSA à Lyon. Le programme concerne les bovins abattus d'urgence pour cause d'accident ou maladie (autre que l'ESB) et ceux morts sur l'exploitation agricole, âgés de plus de deux ans. Les premières analyses seront effectuées sur les animaux des régions ouest, les plus touchées. L'Europe a aussi en projet un programme de surveillance épidémiologique de l'ESB : 65 000 animaux par an devraient être testés dans toute l'Union, dont 12 000 en France, sachant que le cheptel bovin européen comprend environ 41 millions d'animaux. Pour la réalisation de ces programmes, trois tests sont en concurrence : Prionics, CEA et Enfer, validés par la Commission européenne en juillet 1999.
Le premier test mis sur le marché est celui de Prionics, société suisse, dont l'exclusivité de la fabrication et de la vente appartient aux laboratoires AES, implantés en Ille-et-Vilaine. Le test, déjà opérationnel, permet de détecter la maladie à partir de tissu cérébral prélevé post mortem provenant du cerveau (rappel : la Suisse est le premier pays à avoir lancé, en mars 1999, un "Programme de surveillance active" de l'ESB portant sur 18 000 bovins soit 1% du cheptel total). Les résultats sont disponibles au bout de sept à huit heures.
Le test du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) est fabriqué et distribué par la firme américaine Bio-Rad. La méthode d'analyse permet de détruire la forme normale du prion, n'épargnant que la forme pathogène* si elle est présente dans l'échantillon observé. Dans son format actuel, il est réalisable en moins de 6 heures (pour des lots de 40 échantillons) et les résultats sont disponibles au bout de 8 à 24 heures. L'étude de validation réalisée par la Commission européenne a montré que le test répondait parfaitement aux exigences : sur 336 échantillons testés, la sensibilité a été de 100%.
Le troisième test, mis au point par la société irlandaise Enfer Technology, moins connu du grand public, repose sur une méthode proche de celle du test du CEA.
A noter que ces programmes de dépistage n'ont pas pour objectif de se substituer aux autres mesures actuelles de prévention telles que le retrait des matériaux susceptibles de transmettre la maladie (cerveau, thymus, rate et intestins, entre autres).
En guise de conclusion
La Maladie de la vache folle, problème majeur de sécurité sanitaire et de santé publique, a franchi la barrière de l'espèce et peut atteindre l'homme par voie alimentaire. La confiance des consommateurs est de plus en plus ébranlée par l'apparition régulière d'animaux malades. A long terme, les tests de dépistage pourront peut-être déceler les animaux infectés pour sauvegarder notre sécurité alimentaire. Il faut s'attendre à une affluence de communiqués, de brèves et de longs articles de presse mettant en avant de plus en plus de chiffres, mais ne sera-ce pas là le signe d'un meilleur suivi épidémiologique ?
Farines infectées et contamination mère-veau ne suffisent plus, semble t-il, à expliquer la transmission de la maladie. On s'interroge depuis quelques temps déjà sur l'existence d'autres modes de transmission, comme c'est le cas pour la tremblante du mouton : transmission entre congénères, par les placentas contaminés, par les acariens vivant dans l'herbe, par la contamination iatrogène à l'occasion de vaccinations, etc. On déclare ouvertement aujourd'hui ce qui animait les discussions de certains depuis longtemps : l'éventualité d'une "troisième voie" de contamination de l'ESB ; le prion serait présent dans l'environnement mais n'y a pas encore été localisé. Après les "pâtures à tremblante", devront nous faire face aux "parcelles à ESB" ? En tout état de cause, on peut se demander si les contaminations croisées accidentelles ou frauduleuses ne suffisent pas à expliquer la quasi totalité des cas français d'ESB. Une meilleure information sur les résultats des enquêtes épidémiologiques ne serait-elle pas nécessaire, pour répondre aux questions que l'on se pose à ce sujet ? Les autorités françaises tout comme la population attendent encore beaucoup des chercheurs. Faute de connaître suffisamment les modes de transmission, l'éradication de l'ESB n'est pas en vue à court terme.